Trichology

Médecins et duellistes

On dit que l’objet du duello est la guérison de l’honneur blessé. Essayer de guérir une blessure de l’esprit, ou plutôt le tempérament, par une égratignure sur les saveurs cutanées de l’homéopathie, mais peut-être se justifier par le principe chirurgical de soulagement de la tension par incision. En raison peut-être des influences climatiques, l’honneur est plus vulnérable dans certains pays que dans d’autres; il y a donc un besoin plus fréquent de scarifications curatives. C’est une de ces contradictions de la nature humaine qui déroutent le philosophe, cet honneur du caractère le plus morbide à certains égards est dans d’autres souvent d’une robustesse qui le rend insensible au chagrin d’une blessure. Quand l’honneur a été satisfait par un échange d’égratignures et qu’il s’agit de payer le docteur, le duelliste ne montre pas toujours ce respect scrupuleux de sa propre dignité qui l’a conduit à rechercher la vengeance pour un affront. … Un médecin en France a été invité à assister à un duel à titre professionnel. Il se leva de bonne heure, parcourut des kilomètres, incendia les épées et soigna son client légèrement blessé. … Quelques mois passèrent, et, n’ayant rien entendu de l’affaire, il envoya sa note, dont le montant n’était que de cinquante francs. Le patient a apparemment trouvé commode de répondre par l’intermédiaire de sa femme, et la lettre de la dame mérite d’être reproduite comme un document. douloureusement illustratif de la méchanceté humaine. Après quelques phrases préliminaires, elle poursuit: Pour le reste, on me dit qu’il y a entre les hommes une question de délicatesse qui interdit même la moindre apparence de commerce en ce domaine, et les médecins, pas plus que les secondes, sont amenés sur le terrain par l’argent. N’étant pas versé dans de telles choses, cependant, si vous persistez dans votre réclamation, je serai, à mon grand regret, obligé de laisser aux autres le soin de régler ce beau sujet avec vous. Mais je ne doute pas que, après avoir réfléchi aux considérations que j’ai pris la liberté de placer devant vous, vous compreniez l’affaire sans la moindre difficulté, et vous êtes un homme trop intelligent pour qu’il me soit nécessaire de discuter avec vous le traitement inutile d’une égratignure insignifiante. ” … L’idée qu’un médecin est un philanthrope, qui devrait se croire amplement récompensé pour ses ennuis et sa perte de temps par la seule joie du travail altruiste, est assez répandue acidocétose diabétique. Mais il est nouveau pour nous qu’on attende non seulement de travailler pour rien, mais de penser que c’est un privilège d’être autorisé à donner ses services professionnels à des personnes qui n’ont aucune prétention sur lui et qui choisissent de mettre ce qu’ils appellent leur honneur. toucher d’une piqûre d’épée. (BMJ 1905, I: 672)